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Le capital investissement apporte des réponses aux besoins en fonds propres des PME françaises

Mardi 5 Avril 2011

L’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC) et Grant Thornton présentent les résultats de leur étude annuelle sur l’activité des acteurs français du Capital Investissement pour l’année 2010.


Le capital investissement apporte des réponses aux besoins en fonds propres des PME françaises
En 2010, le capital-investissement a rempli son rôle de soutien majeur des entreprises françaises en apportant des réponses efficaces et durables aux besoins en fonds propres des PME.

Les PME bénéficient du regain d’activité du capital-investissement

1.685 entreprises ont été accompagnées pour un montant total de 6,6 milliards d’euros investis soit une progression de 61 % du montant global investi et de 15 % du nombre d’entreprises. Jamais encore, le capital-investissement hexagonal n’a accompagné autant d’entreprises, dépassant même le nombre record de 1.595 entreprises accompagnées en 2008.

Cette tendance positive est notamment due à la confirmation du dynamisme du capitaldéveloppement. Permettant aux dirigeants de financer leurs projets de croissance tout en conservant le contrôle de leurs entreprises, les professionnels du capital-développement ont accompagné les PME tout au long de la crise. Quand la plupart des sources de financement se sont taries du fait des incertitudes économiques, les montants alloués aux entreprises par le capital-développement ont sans cesse progressé (1,65 milliard d’euros en 2008, 1,8 milliard en 2009).

L’année 2010 s’impose comme une excellente année avec 2,3 milliards d’euros investis dans 916 entreprises, pour une hausse de 28,5 % des montants et de 17,6 % du nombre d’entreprises par rapport à 2009.

La reprise de l’activité est par ailleurs tirée par le capital-transmission qui revient à des montants d’investissements significatifs : plus de 3,5 milliards d’euros ont ainsi été investis (x2,2 par rapport à 2009) dans 264 entreprises (+14,3 %). Tous les segments de marché sont d’ailleurs concernés avec le redémarrage de l’activité sur les montants supérieurs à 100 millions d’euros (7 opérations en 2010 pour un total de 1,65 milliard d’euros investis).

Maillon essentiel du financement de l’innovation en France, le capital-risque enregistre une légère augmentation des montants investis (605 millions d’euros, +3,1 %). 458 start-ups françaises (+14,7%) ont ainsi eu accès aux fonds propres indispensables à leur essor.

Par ailleurs, les chiffres de l’activité du capital-investissement en 2010 ont permis de souligner que :

  • 80 % des entreprises sont des PME/PMI.
  • 60 % des montants ont été investis dans de nouvelles entreprises.
  • Le poids des fonds levés auprès des particuliers (FCPI, Fonds commun de placement dans l’innovation, et FIP, Fonds d’investissement de proximité) est particulièrement élevé dans le financement de l’innovation (48 %) et des PME régionales (26 %).
 
Hervé Schricke, Président de l’AFIC a déclaré : « Les chiffres de l’activité du capital-investissement pour 2010 confirment le rôle primordial de notre profession dans la chaîne de financement des PME. L’augmentation du nombre d’entreprises accompagnées est par ailleurs particulièrement positive pour notre économie. En effet, en plus de fonds propres, les investisseurs apportent aux entrepreneurs une gouvernance, de l’expérience et les réseaux nécessaires pour accélérer la croissance de leurs entreprises. »

Les cessions repartent à la hausse

Confirmant la tendance amorcée au premier semestre, le marché a permis aux acteurs du capitalinvestissement d’augmenter le nombre de cessions d’entreprises de leurs portefeuille. Les montants des sorties ont ainsi augmenté de 42% pour atteindre près de 4 milliards d’euros répartis entre 875 opérations.

Quels capitaux pour investir demain ?

Cependant, l’étude souligne qu’avec 5 milliards d’euros levés en 2010 (+37,3 %) par les fonds de capital-investissement, ces montants restent très en-deçà des niveaux antérieurs à la crise (12,7 milliards d’euros levés en 2008). Depuis 2008, les levées de fonds sont, en tendance, inférieures aux montants investis.

Le capital-développement et le capital-transmission sont les principaux bénéficiaires de la reprise de la collecte avec l’augmentation notable des levées de fonds des véhicules destinés aux PME (fonds de 50 à 200 millions d’euros). Le capital-transmission a par ailleurs pu s’appuyer sur le retour des investisseurs institutionnels internationaux.

Les épargnants et les family office figurent au premier rang des souscripteurs du capital-investissement (1,38 milliard d’euros), devant le secteur public (982 millions d’euros) et les fonds de fonds (872 millions d’euros), notamment internationaux. L’étude confirme par contre le désengagement des banques et des Entreprises d’assurances : leur présence a été divisée par un facteur de 5 à 6 par rapport à 2008.

Très dépendants des levées de fonds auprès des particuliers, le capital-risque et le capital-développementrégional ont été confrontés à la baisse des montants levés (426 millions d’euros pour les FCPI ; 412 millions d’euros pour les FIP). Par ailleurs, la remise en cause du dispositif ISF-PME fait peser une incertitude sur les niveaux de capitaux qui seront disponibles à l’avenir pour financer l’innovation et la croissance des entreprises régionales.

« Les nouvelles réglementations, Solvabilité 2 et Bâle 3, vont accentuer le déséquilibre entre l’offre et la demande de capitaux long terme des PME », développe Hervé Schricke. « La différence constatée entre les montants levés et les montants investis en 2010 est un sujet de préoccupation pour notre profession. Afin de pallier le retrait de certaines catégories de souscripteurs, l’AFIC est aujourd’hui force de propositions auprès des pouvoirs publics pour orienter l’épargne des français vers le financement des PME, notamment dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine. »